Couple – Dialogue


 
 

Dialogue dans le couple


Mais comment communiquez-vous en couple? A quel niveau se situe votre dialogue?
Confucius: quand tout va mal, l’urgence est de faire un dictionnaire.
P. J. Marin: « Beaucoup de couples se plaignent du manque de dialogue, mais peu de l’absence d' »écoute. Or c’est le manque d’écoute qui a supprimé le dialogue. »
Nous vous proposons, après avoir fait le point avec les quelques textes ci-dessous, de mettre en pratique le dialogue en vérité grâce aux questionnaires à télécharger.
Pour faire grandir l’amour!

1. Langages de l’amour, et paliers de communication(cf. Gary Chapman « Couple et complices »)
5 langages de l’amour:
* les paroles valorisantes (saine fierté et non compliments hypocrites afin d’obtenir pour moi quelque chose)
* le contact physique (câlins, baisers, caresses, sexualité…)
* les cadeaux (non matérialisme, achat de l’autre ou utilitarisme mais délicatesse)
* les services rendus
* les moments de qualité (attention réelle, connexion réelle avec l’autre et non virtuelle avec le téléphone portable).

« S’il est nécessaire d’identifier la manière dont nous communiquons, il est utile de comprendre qu’il existe plusieurs paliers de communication entre les êtres et dans un couple.
La conversation de couloir: « ça va? – Très bien, et vous? »
Le niveau 1 correspond aux échanges informels que l’on a dans les couloirs du bureau ou de l’immeuble. Il concerne la conversation superficielle: propos polis et aimables, formules conventionnelles que nous nous adressons au fil de la journée. Ces expressions positives ne sont pas dénuées de valeur; elles peuvent être sincères mais, en règle générale, nous ne pensons pas à ce que nous disons.
Pour certains couples, ce premier niveau de communication représente déjà une amélioration, car ces conjoints-là se croisent chaque jour sans rien se dire. Un simple « bonjour » leur serait bénéfique.
Le discours du journaliste: « Les faits et rien que les faits »
La conversation de niveau 2 porte uniquement sur les faits: qui, quoi, quand et où. Nous partageons des informations factuelles sans rien exposer de nous-mêmes, ni rien demander à l’autre. Sans elles, la vie serait difficile. Mais de très nombreux couples dépassent rarement ce stade, se contentant d’échanger les faits nécessaires à leur train-train quotidien. Et ils pensent sincèrement jouir d’une bonne communication. En réalité, leur degré d’intimité intellectuelle, émotionnelle, spirituelle, ou physique, reste très limité.
Le discours rationnel: « Tu sais ce que je pense?« 
Il s’agit ici de transmettre son opinion, son interprétation ou son jugement sur telle question. Nous laissons notre interlocuteur entrevoir notre façon de traiter les données reçues. La probabilité de conflit ou de divergence est beaucoup plus élevée au palier 3 qu’aux paliers précédents.
Certains conjoints passent peu de temps à ce niveau 3 parce qu’ils n’aiment pas voir leurs idées remises en question ou contestées. Ils se sentent menacés émotionnellement et battent donc en retraite vers les degrés 1 ou 2. Pour développer la communication, chacun doit accorder à l’autre la liberté de penser différemment.
Un couple n’a pas à être nécessairement d’accord sur tous les sujets. Des divergences ne doivent pas affecter son intimité.
Le discours émotionnel: « Je vais te dire ce que je ressens »
Au niveau 4, nous partageons nos émotions et nos sentiments: « Je me sens blessé, déçu, furieux, heureux, triste, surexcité, las, mal aimé, romantique ou seul ». La plupart des gens éprouvent plus de difficultés à partager leurs sentiments que leurs pensées, car nos sentiments appartiennent à notre vie privée. Les pensées servent même souvent à dissimuler nos sentiments.
La distance entre les paliers 3 et 4 peut s’avérer gigantesque. Si je partage des sentiments que mon interlocuteur n’apprécie pas, il peut se sentir blessé ou déçu, voire furieux à mon encontre. Je peinerai alors à affronter son rejet ou sa colère et j’hésiterai à me confier encore. Nous risquons plus gros en communiquant à ce niveau, mais nous atteignons aussi un degré d’intimité supérieur. Ce sont mes sentiments qui reflètent le plus clairement le caractère unique de ma personnalité. Pour stimuler la communication et faire grandir notre intimité, nous devons accepter d’éprouver des sentiments divergents.
Le discours de la vérité, dans l’amour et la sincérité: « Soyons honnêtes » A ce stade, nous sommes à l’apogée de la communication, car nous pouvons dire la vérité dans l’amour. Nous sommes francs sans condamner, et ouverts sans rien imposer. Chacun jouit de la liberté de penser et de réagir différemment.
Au lieu de nous condamner mutuellement, nous cherchons dans la bienveillance à comprendre les pensées et les sentiments de notre conjoint, et nous cherchons les moyens de grandir ensemble malgré nos différences.
Ce type de communication ouverte et tendre débouche sur un profond sentiment de complicité et d’intimité dans le mariage. L’exigence incontournable de ce palier est une attitude d’acceptation de l’autre. »

2. Principes du dialogue dans le couple
– Finalité du dialogue = communion, unité; « qu’ils soient un » mais lequel des deux? Ni fusion , ni unanimité. Etre « un » en restant « deux ». Et la finalité n’est pas forcément « être efficace ».
– Liberté = respecter la liberté de l’autre même s’il ne veut pas dialoguer; on peut éclairer l’autre tout en le laissant libre: éclairer l’intelligence sans demander l’efficacité. Mais le dialogue c’est aussi chercher des raisons quand l’autre ne veut pas dialoguer (réticences du dialogue) Eclairer le climat!
– Volonté: il faut vouloir le dialogue.

3. Petits préliminaires à la discussion
Parler!
Il ne faut pas s’imaginer que l’autre va tout deviner, même s’il nous aime beaucoup, et surtout s’il est un homme!
Le « Tu » tue. Il ne s’agit pas d’accuser.
Il ne s’agit pas d’être contre l’autre mais tout contre l’autre!
Le but n’est pas qu’il y ait un vainqueur, cela n’a pas de sens. L’important est que le couple en sorte grandi.
Ecouter
Il s’agit d’essayer d’accueillir ce que dit l’autre sans immédiatement l’interpréter comme un jugement, une accusation.
Il ne s’agit pas de se justifier immédiatement mais d’essayer de comprendre profondément ce que l’autre veut dire.
Pour écouter, il ne faut pas faire autre chose en même temps mais se rendre vraiment disponible.
Il ne s’agit pas de trouver tout de suite des solutions. Mais d’abord d’écouter. Les solutions éventuelles ne viennent que dans un deuxième temps.
Cela suppose d’accueillir la réalité telle qu’elle est.
Attitude de vulnérabilité

4. Les dix commandements du dialogue Cardinal Danneels
– 1. Nous accepter nous-mêmes tels que nous sommes, et avec joie.
– 2. Prendre en compte ce que nous avons reçu plutôt que ce qui nous manque.
– 3. Remercier plutôt que de se plaindre.
– 4. Dire du bien des autres et le dire à haute voix.
– 5. Ne jamais se comparer aux autres: une telle comparaison ne conduit qu’à l’orgueil, et à la désespérance, sans rendre heureux.
– 6. Vivre dans la vérité sans craindre d’appeler bien ce qui est bien, et mal ce qui est mal.
– 7. Résoudre les conflits par le dialogue et non par la force: garder en soi les rancoeurs ne peut qu’enfermer dans la tristesse.
– 8. Dans ce dialogue, commencer avec ce qui rassemble, et n’aborder qu’après ce qui divise.
– 9. Faire le premier pas de la réconciliation avant le soir.
– 10. être persuadé que pardonner est plus important que le fait d’avoir raison.

5. Autres conseils pratiques
– Communiquer non seulement sur les informations factuelles extérieure, mais d’abord sur les émotions, ressentis, pensées.
– Dire STP, Merci, Bravo (admiration), ce que éprouve (tous domaines), Pardon
– Demander régulièrement à son conjoint: « Que puis-je faire pour te rendre heureux? » Et le faire (pourvu que cela corresponde à votre conscience devant Dieu…).
Le « Tu » tue. Dire: « Là, j’ai mal »; et non: « Tu m’as fait ça »!
Commencer ses phrases par « je » vs « tu », afin d’exprimer son ressenti et de ne pas chuter dans l’accusation.
Eviter absolument les exagérations et généralisations.
– en cas de colère, fixer un RDV de discussion; pour éviter l’affrontement inutile (jamais à chaud)
– éviter la fermeture des huîtres, submersion par le + bavard. Il vaut mieux communiquer parfois par écrit.
– Parler en cherchant la vérité non subjective.
Se justifier, c’est perdre son identité, ne pas être responsable. On s’avilit en se justifiant. Nous avons à être justes, pas à nous justifier!

– Pratiquer l’instant présent: aime comme s’il n’y avait pas de lendemain

– Persévérer

– Investir du temps


(retravaillé à partir de serviteurs.org)

Les pièges à éviter:
Questionnaires à télécharger: