Ephrem le Syrien – Marie


Contexte: les Eglises de langue syriaque

Noms

 

Noms donné par d’autres Eglises Eglise sœur en Inde Conciles
acceptésPatriarcat
Uniates
Eglise de l’Est
(Syro-orientale, de Perse, plus récemment Assyrienne) 431Ancienne Eglise d’Orient 1972
Nestorienne Syro-malabare Nicée I, CP I,
Chalcédoine (accepté en 544)Séleucie-Ctésiphon, Erbil
Chaldéenne 1552
(Ninive/Mossoul puis Bagdad)Syro-malabare catholique 1599
Syro-orthodoxe
(Syro-occidentale) 451
Monophysite, Jacobite Syro-malankare (1920)
(2 branches depuis 1970)
Nicée I, CP I, Ephèse

Antioche, Damas

Syro-catholique 1662

Syro-malankare catholique 1932

Maronite Tous

 

St Ephrem le Syrien (306-373), « la harpe du Saint-Esprit », Docteur de l’Eglise (fêté en Occident le 9 juin)
Né à Nisibe (Nusaybin en Turquie actuelle) en Adiabène, il fut accueilli par l’évêque du lieu Jacques de Nisibe dont il devint le fils spirituel.
Ordonné diacre, il voulut le rester par humilité. Il fonda dans la ville une école théologique de grand rayonnement. Mais après la mort de Constantin, les Perses envahirent la région et un traité de paix livra sa patrie aux païens: en 363 il dut franchir la frontière et s’installer avec son école à Edesse dans l’empire romain (aujourd’hui Urfa, aussi conquise par les Turcs).
De langue syriaque (la version chrétienne de l’araméen), sa très grande proximité avec le milieu culturel de l’Ancien et du Nouveau Testament lui donnent une compréhension intérieure de la Parole de Dieu, et ses écrits abondent pareillement en métaphores et analogies avec des éléments concrets de la Création et de la vie quotidienne, permettant aux lecteurs et auditeurs de surmonter les limitations de l’intellect et de mieux percevoir les réalités de l’Esprit.
Mystique, il est aussi un théologien précis, grand défenseur de la doctrine christologique et trinitaire dans l’Eglise syrienne d’Antioche, et fervent dévot de la Vierge Marie.
Il écrivit beaucoup: commentaires de toute la Bible, traités (mamre) théologiques, hymnes (madrashe) spirituels, sermons (memre), réfutations de Marcion et d’autres courants du gnosticisme, poèmes qui remplacèrent les chants des fêtes populaires et répondaient aux chansons des hérétiques qui répandaient ainsi leurs thèses erronées.
« Dimanche et fête, évoque un compatriote, il se tenait au milieu des vierges et les accompagnait de sa harpe. Toute la ville alors se réunissait autour de lui. »
Il est l’un des plus grands poètes et hymnographes de l’histoire chrétienne, et encore moins de 20% de ses écrits ont été traduits en langues occidentales.
Il mourut probablement de la peste en secourant les malades.

Prière de Saint Ephrem:

« Seigneur et maître de ma vie,
ne m’abandonne pas à l’esprit d’oisiveté, d’abattement, de domination et de vaines paroles.
Mais accorde-moi l’esprit d’intégrité, d’humilité, de patience et d’amour,
à moi ton serviteur.
Oui, Seigneur Roi,
donne-moi de voir mes fautes
et de ne pas juger mon frère,
car Tu es béni dans les siècles des siècles. Amen.
[Clerc: Ô Dieu, purifie-moi, pécheur]. »

Cmt Diatessaron SC 121, 4,15:
« Comme les corps eux-mêmes ont été soumis au péché et moururent,
la terre, leur mère, a été maudite de la même manière,
grâce à ce corps (Jésus l’homme) qui est l’Eglise incorruptible, sa terre a été bénie depuis le commencement.
La terre représente le corps de Marie, ce temple qui porte les semences.
Regarde l’Ange qui est venu pour planter les semences dans Marie.
Ses paroles évidentes ont annoncé le commencement de la semence: ‘Je vous salue vous la plus bénie entre les femmes.’
Elizabeth a aussi confirmé ses paroles en répétant: ‘Vous êtes la plus bénie entre les femmes.’
Ainsi on distingue qu’à cause de la première mère maudite, la seconde mère a été surnommé Bénie ».

Hymnes sur le Paradis SC 137, 4, 5:
« Dans sa nudité, Adam était beau, sa femme habile lui tissa une robe de souillures;
quand le paradis le vit et le trouva baigné dans la honte, il le chassa.
Mais pour lui par Marie, une nouvelle robe lui fut cousue
Il la porta, et selon la promesse, le voleur fut purifié et le jardin voyant Adam lui ressemblant, purifié, il l’embrassa ».

Hymnes sur la Nativité, SC 459, 2001: Nusrata (« berceuses ») de Mar Ephrem pr enfant Jésus: très incarné: « viande fraiche », sur les lèvres de Marie
2,5 Que sa Mère l’adore ! Qu’elle lui offre une couronne, Car Salomon aussi, sa mère l’avait fait roi et l’avait couronné (1R 11,4)
5,20: Servante de ta Divinité, Et Mère aussi de ton humanité, Seigneur et Fils.
10 Marie figurée par Léa, Rachel, Zilpa et Bilha, les filles des Hébreux…
10,7 le sein te conçut Alors qu’il était scellé; le shéol t’enfanta Alors qu’il était cacheté; c’est contre nature Que le sein t’a conçu et le shéol rendu. …9 Le sein (était) scellé, la pierre cachetée Chez les calomniateurs; ils ont calomnié la [conception : « Semence d’homme » que cela; et aussi la résurrection :
11 Ta mère, Seigneur, personne ne sait Comment l’appeler.
L’appelle-t-on « Vierge » ? En fait elle a un fils.
« Mariée » ? Nul homme ne l’a connue !
Et si ta Mère ne peut être comprise, toi, qui pourra te comprendre? Refrain : Gloire à toi ! Tout est aisé pour toi, Seigneur [universel !
Car elle est ta Mère, elle seule; Et ta soeur avec tous!
Elle te fut Mère, elle te fut soeur.
Elle est aussi ton épouse, avec les vierges pures.
En tout Tu l’as ornée, toi qui de ta Mère es la beauté.
Car épouse elle fut selon la nature Avant ta venue.
Mais elle conçut Contrairement à la nature’, après ta venue;
Ô Saint, Vierge encore elle fut, quand elle t’a mise au monde saintement!.
Par toi Marie a possédé tous les attributs Des femmes mariées : un être en elle conçu, Mais sans union charnelle;
le lait dans ses seins, mais d’une manière inhabituelle.
D’une terre [assoiffée Tu as fait soudain une source de lait.
Si elle t’a portée, c’est que ta haute montagne allégea son poids.
Si elle t’a nourri, c’est que tu avais faim.
Si elle t’a donné à boire, c’est que tu voulais avoir soif.
Si elle t’a embrassé, c’est que, Braise miséricordieuse, tu protégeais son sein.
Merveille que ta mère ! :
Il est entré en elle Seigneur, et il est devenu Serviteur ;
Il est entré Parole, en elle il est devenu Silence ;
Il est entré en elle Tonnerre, et il a retenu sa voix ;
Il est entré Berger universel : agneau il devint en elle et sortit en bêlant.
Le sein de ta Mère a renversé l’ordre établi :
l’Ordonnateur de l’univers y entra riche, Il en sortit pauvre.
Il y entra exalté, Il en sortit humilié.

Il y entra resplendissant, Il en sortit avec un habit aux misérables couleurs.
Il est entré vaillant Guerrier! et il a revêtu la crainte.
À l’intérieur du sein, il est entré, celui qui donne toute nourriture, et il a assumé la faim ;
il est entré, Celui qui donne à tout le breuvage, et il a assumé la soif ;
nu et dépouillé Il est sorti d’elle, Celui qui donne à tout vêture.

16,4 (Marie associée à l’Eglise, et figure contemplant l’Eucharistie):
Marie: « Serait-ce à moi seulement que… Tu as montré ta beauté ? Que le Pain te représente
Et l’Esprit (humain) aussi : Habite le Pain. Et ceux qui le mangent ! Dans l’invisible et le visible, que ton Eglise te voie, comme Celle qui t’a enfanté ».

Ephrem~: Elle ouvre les fontaines de son lait à la divine fontaine
elle donne la nourriture à celui qui nourrit tout être
elle revêt de langes celui qui est revêtu de splendeur
elle apprend à parler à celui qui est le Verbe créateur
elle apprend à marcher à celui qui est le Chemin
elle engendre la vie de celui qui est la Vie
elle éduque celui qui est la Vérité
elle apprend à prier à celui de qui procède l’Esprit qui prie en tout homme
… « Je suis ta mère puisque je t’ai porté en mon sein,
je suis ta fille par le sang et l’eau puisque tu m’as [créée et] rachetée ».

Ephrem Madroso, p.131B: L’arbre de vie qui était gardé par un chérubin au glaive de feu (Gn 3,24), voici qu’il habite en Marie, jardin céleste; Joseph le garde. Le chérubin a déposé son glaive car le fruit qu’il gardait a été envoyé du haut du ciel jusqu’à l’abîme des proscrits. Mangez-en tous, hommes mortels, et vous vivrez. Béni soit le fruit qu’a enfanté la Vierge.

Éphrem S6, Op 2,240: Quelle mère s’est jamais montrée semblable à Marie? Elle a pu bercer par ses paroles et par son chant son enfant enfermé dans son sein, et appeler son fils, le Fils de l’Artisan suprême, le Fils du Créateur, le Fils du Très-Haut. Ou bien, quelle jeune mère a ainsi prié son enfant: «Salut, espérance de ta mère, car tu es Dieu; salut, mon bien-aimé, mon fils, car tu es homme; ce m’est une cause d’amour et de crainte, quand il m’arrive de paraître devant toi»?

Ephrem: Comme la foudre sillonne l’espace, Dieu le Père remplit l’infini; comme l’éclair brille dans les ténèbres, le Christ vient épurer nos souillures. Voilà pourquoi il purifie la sainte Vierge et naît de manière à prouver que partout sa présence engendre la souveraine pureté. Il purifie Marie d’avance par l’Esprit Saint, et ses entrailles purifiées conçoivent le divin Jésus… Coquillages précieux de la mer qui produisez les perles sans fécondation, dites et prouvez à la terre qu’elle conçut sans le concours d’un homme.

Éphrem S8, Op 2, 422: Seigneur, tu as confirmé par ton retour des enfers ta sortie du sein maternel; tous deux sont fermés, tous deux, scellés, le sein et le tombeau; pur dans le sein, vivant dans le tombeau, tu as trouvé dans le sein et le tombeau des témoins très convaincants, en raison des sceaux qui y étaient apposés.

Les entrailles et le sépulcre ont proclamé le miracle de ta résurrection et celui de ta nativité: de chastes entrailles, fermées d’un sceau, t’ont conçu; et un sépulcre, pareillement muni d’un sceau, t’a livré passage; les entrailles de la Vierge t’ont conçu selon un mode étranger à la nature; et les enfers, malgré le désaccord de la nature, t’ont laissé sortir.
Le sépulcre auquel tu fus livré pour qu’il te garde, portait des scellés; le sein qui t’a conçu était inviolé, il ignorait le commerce de l’homme; un sein demeuré intact, un tombeau scellé cette double trompette a retenti aux oreilles sourdes d’un peuple obstiné; un sein resté chaste, le sceau inviolé d’une pierre, ont confondu la foule des imposteurs qui colportaient outrageusement que la conception (du Christ) était l’œuvre d’homme, et que sa résurrection corporelle était œuvre de voleurs.

Éphrem:~ Le Nom de Marie est la clé qui ouvre la porte du ciel à ceux qui le prononcent avec piété.
Vigne fleurie et parfumée d’où coulera le vin nouveau
Porteuse de celui qui porte tout
Créature qui a enfanté son Créateur
Arche de l’alliance nouvelle**
Etoile annonciatrice du soleil levant
Aurore du jour véritable, du salut (app=imminence)
Eclat de la lumière sans couchant
Rayonnement du soleil véritable
Flambeau portant la lumière inaccessible,
qu’on ne peut jamais éteindre
Vitrail de Dieu***
Icône vivante du Seigneur
Sourire de Dieu.

Ephrem S 2 sur la Mère de Dieu. CSCO 363-364, p. 39-42:
La Vierge m’invite à chanter le mystère que je contemple avec admiration.
Fils de Dieu, donne-moi ton admirable don, fais que j’accorde ma lyre
et que je peigne l’image toute belle de ta Mère bien-aimée.
La Vierge Marie enfante son Fils dans la virginité, elle allaite celui qui nourrit les nations, en son chaste sein elle porte celui qui soutient l’univers.
Elle est vierge, elle est Mère, que n’est-elle pas?
Sainte de corps et toute belle d’âme, pure d’esprit, droite d’intelligence, parfaite de sentiments, chaste, fidèle, pure de cœur, éprouvée, elle est remplie de toutes les vertus.
Qu’en Marie se réjouisse toute la race des vierges, car l’une d’entre elles a enfanté celui qui soutient toute la création, celui qui a délivré le genre humain, gémissant dans la servitude.
Qu’en Marie se réjouisse le vieil Adam, blessé par le serpent.
Que les prêtres se réjouissent en la Vierge bénie: elle a mis au monde le grand prêtre qui s’est fait lui-même victime.
Il a mis fin aux sacrifices anciens, s’étant fait la victime qui apaise le Père.
Qu’en Marie se réjouisse toute la suite des prophètes!
En elle se sont accomplies toutes leurs visions, se sont réalisées leurs prophéties, se sont confirmés leurs oracles.
Qu’en Marie se réjouisse toute la suite des patriarches! De même qu’elle a reçu la bénédiction qui leur était promise, de même, en son Fils, elle les a rendus parfaits.
Par lui, en effet, voyants, justes et prêtres se sont trouvés justifiés.
Au lieu du fruit amer cueilli par Ève à l’arbre fatal, Marie a donné aux hommes un fruit plein de douceur.
Et voici que le monde entier se délecte du fruit de Marie.
L’arbre de vie, caché au milieu du paradis, a grandi en Marie.
Sorti d’elle, il a étendu son ombre sur l’univers et a répandu ses fruits sur les peuples les plus lointains comme sur les plus proches.
Marie a tissé un vêtement de gloire et l’a donné à notre premier père.
Ève et le serpent avaient creusé un piège: Adam y était tombé; Marie et son royal enfant se sont penchés sur lui et l’ont retiré de l’abîme.
La vigne virginale a donné une grappe dont le vin savoureux rend la joie aux affligés.
Ève et Adam dans leur angoisse ont goûté à ce breuvage de vie et ils y ont trouvé l’apaisement de toute leur douleur.

Éphrem Hymne de Annunt. Deiparae 5, Lamy 3,986: Une vierge, celle d’Adam, accueillit le Menteur, et par lui fut trompée, le reçut et fut déçue: elle le comprit à l’inverse, eut l’imprudence de le croire, et dépouilla, mit à nu, Adam, par le fruit amer du jardin.
S’est levée Marie, fille de David, elle a reçu d’un ange, la paix; elle a tissé une tunique de gloire et donné son vêtement pour couvrir la nudité d’Adam, et dans sa chambre nuptiale s’est tenu l’époux, revêtu de splendeur.
Toutes les deux étaient vierges, mais, de ces deux vierges, l’action fut tout-à-fait opposée: l’une a fait chuter son mari, l’autre a soutenu son père.
Par Ève, l’homme a trouvé son tombeau; par Marie, c’est au ciel qu’il est appelé.
Deux émissaires furent envoyés dans le monde, à Ève et à Marie: Satan et l’ange, le serpent et Gabriel, et dans le message de ces deux émissaires on trouva la mort et la vie.
Dans le rameau de branchage qu’est la Vierge Marie, Dieu, en pénétrant, a suspendu le fruit qu’Adam et Ève au paradis n’avaient pas goûté; de Marie, ils l’ont détaché en le cueillant, car le fruit qui fortifie ceux qui le mangent, par le poids de l’amour est tombé sur eux.
Il était enflammé d’amour, l’arbre délaissé au paradis par ceux qui devaient en manger.
Pour confondre le serpent qui les avait dépouillés, cet arbre, dans son zèle a suivi ceux qui devaient en manger , afin que ceux-ci, là où ils seraient, puissent manger de son fruit.
La concupiscence et l’orgueil se cachaient dans l’arbre de la science; la Vierge a conçu son fruit sans concupiscence, pour que la concupiscence mortelle du genre humain, soit, grâce à elle, à jamais détruite.
Le paradis de Dieu, c’est Marie; en elle, ni arbre de la science, ni serpent pernicieux, ni Ève qui donne la mort; mais d’elle, prend naissance l’arbre de vie qui ramène au paradis les exilés.
L’arbre de vie que protègent le Kéroub et le glaive de feu, voici qu’il réside en la Vierge immaculée, que garde Joseph.
Le gardien du paradis a déposé son glaive, car le fruit qu’il gardait, depuis les hauteurs des cieux a été envoyé sur la terre vers ceux qui avaient chuté.
Les mortels en ont mangé, et par lui ont obtenu la vie.
Béni soit le fruit que la Vierge Marie a mis au monde!

Prières d’Ephrem à la Mère de Dieu
1. Vierge Souveraine, Génitrice de Dieu, salut de la famille unie des chrétiens,
tu ne cesses de jeter sur nous le regard d’une tendre mère.
Tu nous aimes comme si nous étions tes enfants, toujours disposée à nous chérir, tu répands sur nous d’ineffables bienfaits : tu nous protèges et tu nous sauves; veillant sur nous avec sollicitude, tu nous délivres du danger des tentations, et de la multitude des pécheurs qui nous environnent; pleins de reconnaissance, nous te remercions, nous célébrons ta munificence, nous publions tes bienfaits, nous chantons à haute voix tes merveilles, nous louons ta sollicitude, ta prévoyance, nous élevons dans nos hymnes ta puissance tutélaire, nous immortalisons ton inépuisable miséricorde.
Les bienfaits que tu as répandus sur nous par le passé sont gravés dans notre mémoire, et nous nous souvenons à quels dangers imminents tu nous as arrachés; nous t’adressons ce cantique de grâces, comme une dette que nous acquittons, cantique toujours au-dessous de tes bienfaits : eh ! quelle voix pourrait les célébrer dignement ? Cependant, nous prenons courage, nous implorons humblement ta miséricorde, pour que tu entendes les cris de détresse de tes serviteurs.
Dépose notre demande aux Pieds de ce Dieu que tu as engendré, pour qu’Il nous sauve de la damnation éternelle, et que nous puissions louer le Nom trois fois saint du Père, du Fils et du saint Esprit; et aujourd’hui et dans l’éternité des siècles.
Tu vois, ô très sainte Souveraine Enfantrice de Dieu, tu vois tous les pièges dont nous enveloppe l’esprit malin, l’esprit impur.
Vois toutes les passions criminelles qu’il éveille en nous, et dont il nous enlace comme d’un réseau.
Apparais et ne repousse point notre prière.
Pourquoi détourner ton visage et oublier notre faiblesse ? Écarte les embûches du démon qui nous tente, sois notre asile dans cette guerre, apaise par ton intercession bienfaisante la Colère divine que nos égarements ont excitée; ajoute ce nouveau bienfait à tant d’autres, et nous célébrerons dans nos cantiques ton nom, celui de ton Fils et notre Dieu qui, de même que son Père, est sans commencement.
2. Souveraine Mère de Dieu qui enfantas le Christ Dieu notre Sauveur,
je place toute mon espérance en toi qui es au-dessus de toutes les puissances du ciel.
O Vierge, emblème de la pureté, fortifie-moi de ta sainte grâce; dans cette vie, sois mon guide, conduis-moi selon la Volonté de ton auguste Fils notre Dieu.
Obtiens-moi la rémission de mes péchés, sois mon refuge, ma protection, ma délivrance, sois la main qui me dirige vers la vie éternelle.
Souveraine, Souveraine, ne m’abandonne pas à l’heure suprême, hâte-toi de m’apporter le secours qui m’est nécessaire, arrache-moi de la cruelle tyrannie des esprits de l’enfer.
Tu es la très bonne Mère du Christ notre Dieu, tout ce que tu veux, tu dois le pouvoir.
Toi, seule Souveraine et Génitrice de Dieu, tu es dans une sphère élevée au-dessus de toute la terre.
Quant à nous, Épouse de Dieu, nous te bénissons avec foi, nous t’honorons avec amour, nous te rendons un culte respectueux, nous chantons tes louanges et nous proclamons ta béatitude dans le langage de la vénération.
Tu es en effet la gloire des gloires, la récompense des récompenses, la puissance des puissances.
O Souveraine, mon bonheur après Dieu, rosée divine qui apaises l’ardeur brûlante qui me dévore, source jaillissante du sein de Dieu même, à laquelle se rafraîchit mon coeur embrasé, lumière éclatante de mon âme plongée dans les ténèbres, guide du faible, appui du pauvre, manteau de la nudité, richesse de l’indigent, remède des plaies incurables, tu taris les pleurs, tu apaises les soupirs, tu allèges les infortunes, tu guéris les douleurs, tu brises les chaînes;
Espérance de mon salut, exauce mes prières; aie pitié de mes gémissements, accueille mes lamentations, aie compassion de moi, laisse-toi fléchir par mes larmes.
3. Que pour moi tes entrailles soient émues; n’es-tu pas la Mère d’un Dieu bienfaisant ?
Jette un regard de bonté, accueille favorablement ma prière, réponds à mon désir, étanche ma soif; unis-moi à ma famille, à mes compagnons de service, dans la terre des hommes pacifiques, dans le sanctuaire des justes, dans le choeur des saints, et rends-moi digne, toi, protection et joie de tous et volupté pure, de participer à ta félicité, je te le demande, à la joie inénarrable du Dieu et Roi qu tu as engendré, à ses noces inexplicables aux délices inépuisables, à son Règne éternel et sans fin.
Car tu es ma Souveraine, mon refuge, ma vie, ma protection, mon armure, ma joie, mon espérance, ma force; fais-moi jouir, de concert avec toi, vers les régions célestes, des Dons indicibles et inconcevables de ton Fils.
Tu as, je le sais, une puissance égale à ta volonté, telle enfin que doit l’avoir la Mère du Très-Haut.
Aussi me suis-je enhardi; fais que je ne sois pas trompé dans mon attente, fais que cette attente soit remplie, ô très pure Souveraine, Épouse de Dieu, toi qui, contre les lois de la nature, as enfanté le Seigneur attendu de tous, notre Seigneur et vrai Dieu Jésus Christ à qui revient toute gloire, tout honneur et toute vénération, avec son Père sans commencement et son très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Éphrem Precatio ad Dei Matrem, Op. omnia 3,532
En toi, protectrice et médiatrice auprès d’un Dieu qui est né de toi, Mère de Dieu, en toi le genre humain met sa félicité.
Sans cesse il dépend de ton secours; tu es son seul refuge, sa seule défense, en raison de la ferme confiance que tu trouves chez lui.
Et moi aussi, je viens à toi d’un cœur fervent, trop peu assuré pour oser m’approcher de ton Fils, mais te suppliant d’intercéder auprès de lui pour que j’obtienne le salut.
Ne dédaigne pas ton serviteur, moi qui ai mis toute mon espérance en toi, après Dieu;
ne te détourne pas de celui qui est cerné par les dangers, éprouvé par de si grands malheurs.
Oui, Miséricordieuse, et Mère du Dieu des miséricordes, exerce la miséricorde envers ton serviteur, et délivre-moi d’une conscience coupable; en apaisant la tempête de mes pensées, éteins le brasier de la volupté, calme l’incendie des convoitises charnelles, et allume en moi l’amour envers ton Fils qui est aussi mon Dieu; protège tous mes sens, en ne permettant aucun accès aux mauvais désirs.
Je te conjure d’obtenir pour moi le temps de faire pénitence, pour que la faux de la mort ne me retranche pas comme un être sans fruit, et que je ne sois pas livré au feu comme un être stérile.
Rallume la lampe éteinte de mon âme; dissipe les ténèbres de mes afflictions; écarte, par tes prières, le nuage de mes passions maladives.
Car elle est puissante, ta supplication maternelle auprès d’un Fils qui ne demande qu’à se laisser fléchir.
Accorde-moi la lumière de la pénitence et conduis-moi par la main jusqu’au plein jour de la componction; rends-moi capable de me comporter tous les jours de ma vie selon le bon plaisir d’un Dieu de tendresse.
Et tant que j’avancerai en cette vie de malheur, défends-moi, protège-moi, garde-moi; navigue au côté du navigateur, sois la compagne de route du pèlerin, protège celui qui dort, dirige toutes mes voies.

https://www.academia.edu/5199894/Les_titres_mariaux_dans_les_écrits_de_Jacques_de_Saroug

Vidéo 6 mn sur le contexte de la Vetus Syra
https://www.instagram.com/p/DPI49sACerQ/