Communion dans la main ou dans la bouche?


Pourquoi accepter exceptionnellement de communier dans la main?

 

En temps normal il est hautement recommandé de communier directement dans la bouche:

– ce geste correspond à plusieurs sources des Ecritures, par exemple Ps 81,9.17; Jn 20,17

– il exprime le mieux la Foi et concrétise le plus grand respect pour l’Eucharistie, qui n’est pas une nourriture commune, mais le Corps, l’âme et la divinité du Christ.

– on reçoit le corps du Christ comme un enfant reçoit la nourriture de ses parents

– on évite ainsi de nombreux abus (vols d’hosties pour profanation) et manques de respects même non intentionnels (miettes d’hosties consacrées restant dans la main ou chutes d’hosties, se terminant en piétinement)

– 1233 évêques de Vatican II avait voté pour cela, 567 seulement pour la communion dans la main, mais il n’a pas été tenu compte de ce vote.

– la communion dans la main reste un indult (exception), bien qu’elle soit devenue une pratique générale

– ce fut la pratique liturgique et l’enseignement magistériel pendant plus de mille ans, ainsi que dans les autres Eglise historiques

– même Luther regrettait amèrement les pertes de fragments eucharistiques

 

Cependant:

– en cas d’épidémie, les doigts d’un ministre de l’Eucharistie peuvent toucher la salive contaminée d’un communiant (cela m’arrive presque à chaque messe) et ensuite celle d’un autre communiant, ou simplement se déposer sur la surface d’une autre hostie,
car la matière de l’hostie consacrée reste soumise aux lois de la nature, selon le mystère de « l’union hypostatique » (union des essences divines et humaines en la personne du Fils). Jésus très probablement a eu grippe, mal au ventre, ampoules, maux de tête… Sa divinité n’écrase pas la faiblesse de son humanité (sinon nous serions « monophysites »). L’hostie n’est donc pas un talisman magique qui consumerait les mauvais micro-organismes, car la transsubstantiation n’efface pas l’essence matérielle du pain.

– les Apôtres eux-mêmes reçurent le pain de Vie dans leurs mains (certes ils étaient en même temps faits prêtres; mais ils représentaient toute l’Eglise, et il n’y a pas de trace historique indiquant qu’immédiatement, depuis les deux disciples d’Emmaüs et dans l’Eglise de l’époque apostolique, les communions se firent dans la bouche).

– une vision intégriste, bien active sur les réseaux sociaux, s’oppose avec virulence à la communion dans la main (souvent au point de préférer ne pas communier), réagissant aux dérives extrêmes post-Vatican II par un autre extrémisme formaliste: ce fondamentalisme prend un élément vrai de la Foi parmi d’autres (le respect infini dû au Christ en sa présence réelle), et l’amplifie au point qu’il étouffe la totalité, ce qui est le principe de l’hérésie.

 

Pourquoi appliquer les mesures de précaution du gouvernement, relayées par les évêques, et appuyées sur le consens scientifique, sur la prévention de l’épidémie?

– L’Ecriture Sainte demande d’employer la raison aussi pour le bien de la vie du corps

Dt 4:9  « Seulement prends garde! Garde soigneusement ta vie. »
Lv 24:20: « oeil pour œil! »: dans le cas de blessures, la Révélation biblique impose à l’agresseur de payer les « soins« .
Si 38:1 « Au médecin, rends les honneurs qui lui sont dus, en considération de ses services, car lui aussi, c’est le Seigneur qui l’a créé.
2 C’est en effet du Très-Haut que vient la guérison, comme un cadeau qu’on reçoit du roi. »
Gn 6: Noé est averti par Dieu et construit l’arche.
Gn 41: Joseph le patriarche est averti de la sécheresse et prévoit ce qu’il faut pour le salut du peuple.
Mt 2: Jésus et Marie sont avertis du danger d’Hérode et se retirent en Egypte.


– Prier pour avoir la santé sans respecter les avis scientifiques visant à limiter la contagion, ce n’est pas de la Foi mais du fidéisme (foi déconnectée de la raison).

– Le manque de prudence peut s’assimiler à l’idée révélée de « tenter Dieu » (Dt 6,16): prétendre le contraindre à faire ma volonté.