Célibat non choisi


Des millions de personnes vivent des situations non désirées : états de dictature ou de  guerre, divorces, maladie, handicap, couples sans enfants… La question est de savoir comment les vivre. Arrive un moment où il faut accepter d’être dans une situation non désirée, et se dire que l’on peut être heureux hors des projets, cadres ou même rêves.
Le vrai problème du célibat non choisi n’est pas le célibat lui-même, mais de se projeter dans une fécondité à venir, d’attendre l’autre ou un moment futur pour agir. La liberté intérieure consiste à vivre la densité de l’instant présent ; tout en agissant, ne plus subir, mais consentir (p. Jacques Philippe).
La vocation de chacun est d’abord d’aimer, que l’on soit marié, consacré ou célibataire. Là est la fécondité et le sens de cette existence, même si on ne choisit pas toujours les personnes à aimer.
Jn 15,8  « La gloire de mon Père est que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. »
Chacun n’y est appelé qu’à proportion des talents qu’il a reçu (cf. 1Co 10,13) ; mais là où l’on porte de plus de fruit, dans tous les états de vie, c’est sur la croix.
Choisi ou non choisi, le célibat est un état de grande pauvreté (pauvreté d’appuis naturels, pouvant ouvrir à des appuis surnaturels !)  : celle du Christ ; mais dans l’Evangile, la pauvreté est plus une bénédiction qu’une privation: le saisissement complet par la beauté, la bonté et la sagesse de Dieu (et tout ce qu’Il est).
Soyez non vos aspirations mais vous-mêmes, votre être, soyez heureux ; la paix intérieure vient, et cela peut même parfois déclencher la rencontre.
Un célibat heureux implique d’abord de se disposer et décider à être heureux tout court et chaque jour.
Car la joie, bien avant d’être une émotion, est une décision de coopérer avec notre nature profonde et avec Dieu.
Dieu n’abandonne jamais personne, il aime et veut combler chacun en son être :  le Bon Pasteur dit (Jn 10,10)  « Je suis venu afin que mes brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. »
Tous les célibataires n’ont pas vocation à se marier et le célibat est un “mystère” (du grec mueô, « faire silence »: réalité dépassant la raison humaine), qui n’empêche pas d’être heureux et accompli, malgré la blessure vive qu’il entraîne chez certains.

Le chemin indiqué par la philosophie, la foi, et l’expérience des centaines de générations qui nous ont précédés: l’amour ordonné de soi (estime et soin raisonné de soi), l’amour désintéressé des autres, le dépassement vers Dieu ou un grand idéal.
Il est tout à fait opportun et recommandé d’en profiter pour développer une relation de communion avec Dieu, ce qui est un privilège : Parole de Dieu, prière, retraite, culture… toutes choses fécondes quand elles sont faites avec raison et coeur.
Le célibat porte en soi une part de prophétie, quelque chose à apporter au monde : chercher non d’abord le créé mais le Créateur, intercéder et agir pour d’autres nécessités et souffrances que les siennes, qui décentrent de soi-même…

Comment aider ceux qui souffrent particulièrement du célibat non choisi ?
Nul n’est “limité” à son célibat; pas que l’on m’invite à me regarder le nombril avec compassion !
Que l’on ne dise pas à ces adultes équilibrés qu’ils n’ont pas fait assez d’efforts pour rencontrer la bonne personne. Dîners, rencontres, sorties… beaucoup s’en donnent les moyens. Ils peuvent persévérer, au moins pour l’équilibre d’’entretenir de saines relations humaines.
Certains ne se satisfont pas des inconvénients des sites de rencontres catholiques : impression de faire son marché, gêne de “devoir dire non à une personne dont le profil ne correspond pas du tout au mien”. Rien n’étant parfait ici-bas, ces moyens méritent toutefois d’être envisagés et parfois tout de même, rendent possible de saints mariages. *
– Prier pour ces personnes et le leur dire : qu’elles sachent qu’elles ne sont pas isolées.
– Se former pour leur proposer des possibilités de recherche de sens dans leur croix personnelle et de fécondité dans leur temps.
– Si c’est opportun, leur proposer des activités ou leur demander ce qu’elles veulent, pour si elles le désirent, juste être avec elles

(Retravaillé à partir de plusieurs articles)
* SITES et APPLIS pour Chrétiens:
https://heavn.app/
Iktoos.com
Theotokos.fr
Sanctusraphael.com
https://www.alliance-chretienne.com
https://www.axelle-rencontres.fr/

 

EXEMPLES de saints célibataires (non consacrés formellement):
Ste Marguerite Bays était une couturière suisse qui ne s’est jamais mariée et qui a consacré sa vie à enseigner le catéchisme aux enfants et à servir les pauvres.

St Pier Giorgio Frassati est tombé amoureux d’une amie de milieu modeste, Laura Hidalgo. Il discerna que sa vocation n’était pas le mariage, mais une vie de service et de dévouement à Dieu et aux plus démunis. Or le mariage est une vocation et un état de vie qui exigent un engagement et une responsabilité considérables. Il croyait également que sa vocation était le service et le don de soi, et il sentait que le mariage ne lui permettrait pas de se consacrer pleinement à cette mission. Malgré son amour pour Laura, Frassati choisit de privilégier sa foi et sa vocation, et sacrifia sa relation personnelle pour maintenir l’harmonie familiale et respecter sa famille, qui ne voulait pas.   Pier Giorgio était profondément attaché à sa foi et à ses œuvres caritatives. Il a peut-être pensé qu’épouser Laura risquait de compliquer concrètement son engagement dans la priorité à la vie spirituelle et à son engagement au service de ceux qui sont abandonnés. Il a choisi de privilégier sa mission spirituelle et ses actes de charité par rapport à ses aspirations personnelles, témoignant ainsi de son profond engagement à mener une vie consacrée au service des autres…

 

TEXTES:
Lorsqu’on a une idée trop précise du couple, on empêche la rencontre : il faut accepter de se laisser déranger pour l’autre.
Années avec formations: l’histoire familiale, le rapport au corps, l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle, la fécondité.
il faut rester en contact avec cette souffrance du célibat si l’on veut en sortir.
Il importe dans un premier temps d’identifier la douleur, d’en déterminer les contours, de comprendre d’éventuels blocages pour tenter de les guérir.

Denis Sonet: Puisque les hommes sont libres, il y a une part qui dépend d’eux. Un célibataire désireux de rencontrer le grand amour pourrait se poser ces quelques questions essentielles, même si elles sont un peu dérangeantes, qui l’aideront à mieux comprendre son célibat (et certainement à changer certains de ses comportements) :
Ne suis-je pas pour quelque chose dans ce célibat, ayant, par exemple, un peu trop attendu qu’on me « parachute » un conjoint ?
N’aurais-je pas une certaine appréhension, une peur inexpliquée d’une vie de couple que je ne désire pas vraiment ? (De nombreux célibataires, dans ce cas, font rater les occasions de rencontre que leur préparent subtilement leurs amis !)
Me suis-je ménagé des ouvertures en fréquentant des endroits où je peux rencontrer quelqu’un ?
Ai-je été abordable, disponible ? Ai-je fui ?
Est-ce que je ne crains pas de révéler, dans des confidences vraies, ces qualités profondes qui m’habitent ? On ne peut aimer un être que si on l’admire, et on ne peut l’admirer que si on le connaît. Or on ne le connaît pas tant que l’on n’a pas découvert, par une vraie communication, le diamant qui est au fond de lui.
Enfin, n’ai-je pas visé trop haut, désiré rencontrer l’être parfait qui n’existe pas ? (Combien de célibataires attendent encore la perle, le prince charmant, la princesse de rêve qu’on ne rencontre nulle part !)
Une part dépend du célibataire, c’est vrai, mais une autre dépend aussi des circonstances. Et si pour le moment, la bonne personne ne s’est pas encore présentée, il faut savoir donner un sens à son célibat. Combien de célibataires ont pu trouver un épanouissement dans leur situation parce qu’ils ont su se donner un projet de vie exaltant ! Il faut donner à sa vie un objectif valorisant. Par exemple, développer ses qualités artistiques, trop souvent en veilleuse. Ou encore, se consacrer à une tâche utile pour la société, l’Église, ceux qui souffrent : rien ne vaut la joie de faire un cœur moins triste.
Et Dieu, dans tout cela ? Quelle que soit la route qu’il faudra prendre, Il donnera les grâces correspondant à l’état de vie vécu par la personne célibataire. Dieu est comme un GPS. C’est l’homme qui choisis la destination, et le GPS l’aide à y parvenir. Et si, en cours de route, l’homme change de cap, le GPS ne l’abandonne pas, il se réajuste. Autrement dit, pour chaque situation nouvelle, Dieu mettra sur la route de chacun des grâces nouvelles, en attendant qu’au terme de ce voyage terrestre, la personne connaisse la joie des noces. La joie des « noces éternelles » auprès de l’Époux parfait.